Comment la conscription forcée change le cours de la guerre civile birmane
Imaginez la scène : vous êtes chef cuisinier et vous rentrez chez vous après un long service, ou peut-être après une soirée karaoké entre amis. Soudain, on vous attrape dans la rue, on vous jette dans un véhicule et on vous annonce que vous êtes désormais soldat. Vous n’avez pas le choix, pas votre mot à dire, et avant même de comprendre ce qui se passe, vous vous retrouvez avec un fusil sur le front d’un conflit brutal. Ce n’est pas le scénario d’un film dystopique, c’est la réalité quotidienne de la guerre civile au Myanmar. Au cœur des montagnes recouvertes de jungle de l’État Karen, quatre jeunes hommes sont assis sous un abri de fortune en bâche dans un camp rebelle. Âgés de 19 à 25 ans, ils n'ont jamais souhaité prendre part à cette guerre. L'un d'eux a été arrêté simplement pour défaut de papiers d'identité ; un autre affirme que les autorités ont glissé de la drogue dans sa chaussure pour le piéger, lui proposant l'enrôlement militaire comme seule is...